| Les échidnés, guerriers des terres et des flammes |
Prologue 1
(Ce prologue se déroule de nombreuses années avant Sonic. La période n'est pas précisément déterminée.)
C'était au milieu de la nuit, la forêt était paisible, mais de nombreux bruits nocturnes et mouvements furtifs rappelaient qu'elle était toujours en vie, simplement somnolente. Un petit animal s'aventurait prudemment entre les arbres, épiant à droite et à gauche. Il ne s'approcha pas des deux humains discrets, qui surveillaient quelque chose avec leurs jumelles. Il les contourna et partit se réfugier dans son trou. Cela valait sans doute mieux pour lui… -Alors, tu les vois ? -Un peu, que je les vois ! Je n'en ai jamais vu autant de toute ma vie ! -Ils sont protégés ? -Pratiquement pas. Il y a un vieux avec une sorte de canne, mais on dirait qu'il dort. L'un des deux humains soupira. -Enfin, si c'était si simple d'en tuer autant à la fois, ça se saurait, non ? Ils ne sont pas si stupides, ces échidnés ! -La peur, répondit l'autre, les autres S.P.E.E. n'osent pas s'en prendre à eux sans sortir la grosse artillerie. Nous sommes le premier service à envoyer un commando pour en tuer un bon paquet. -Cela n'explique pas pourquoi les échidnés se risquent à quelque chose d'aussi stupide ! Des dizaines de bébés échidnés qui passent une nuit seuls en forêt, gardés par un seul vieil échidné ! C'est de la folie ! -Son congénère se tourna vers lui, exaspéré. -Tu es nouveau, non ? Sais-tu que c'est très risqué de s'engager dans l'un des Services du Projet d'Extermination des Echidnés sans rien savoir sur eux ? Ces bestioles ne font jamais preuve de pitié envers leurs ennemis ! De plus, avec cette loi prétendant que les hommes et les hybrides sont égaux en droits, ce genre de service va bientôt devenir illégal ! Nous devons être très prudents, et très informés. Il marqua une pause, puis reprit : -Quand les échidnés atteignent leurs 2 mois, ils passent une nuit loin de chez eux, à peine protégés. Ainsi, ils apprennent à se familiariser avec les endroits non urbanisés et deviennent plus vite autonomes. L'avantage pour nous, c'est qu'ils sont totalement vulnérables. C'est l'occasion idéale pour les abattre tous. -Ils sont minuscules. J'ai du mal à croire qu'ils pourraient être dangereux. -Ils le seront quand ils grandiront. Les échidnés grandissent vite et vivent vieux. Leur entraînement intensif les rend puissants très tôt. Il est important d'en tuer le plus possible. -Mais, pour ce que j'en sais, ils ne nous ont plus déclaré la guerre depuis cette inondation mystérieuse, il y a au moins un siècle…On a même cru pendant quelques années que la race des échidnés avait disparu. Maintenant, ils ne se battent contre nous que lorsque nous les attaquons, non ? -Et qu'est-ce qui te fait dire que ce n'est pas justement parce que nous les attaquons sans relâche qu'ils ont cessé les offensives ? Les échidnés sont dangereux, ils ont la guerre dans le sang. -Ah, ce n'est pas du tout impossible. C'est vrai que ces animaux font de sérieux dégâts dans nos troupes, pendant les guerres. On envoie des obus, des tanks, des hélicoptères pendant qu'ils se battent presque toujours à mains nues… -A poings gantés, tu veux dire. -Oui, bon. Et malgré ça, ce sont eux qui gagnent haut la main ! Ils doivent avoir un secret, non ? -Sans doute, ils n'utilisent pas les mêmes méthodes de combat que nous. Ce sont de vraies pierres volcaniques, quand ils se battent ! D'ailleurs, certains de nos ancêtres les considéraient comme les dieux de la terre et du feu. On raconte qu'ils utilisent la force de ces éléments en combat. Aujourd'hui encore, on les connaît sous le nom de « guerriers des terres et des flammes ». Mais nous avons un avantage sur eux. Ils restent toujours tournés vers le passé pendant que nous, nous avançons sans cesse. Nous ne cessons de nous améliorer. Ils finiront par perdre. -Sauf si cette loi sur les droits des hybrides se révèle être valable pour les échidnés. -Pour l'instant, nous ferons comme si elle ne l'était pas. Allez, en route. Il faut s'en débarrasser avant le lever du soleil. Ils cessèrent de parler et s'approchèrent silencieusement de l'arbre immense sous lequel les jeunes échidnés étaient assoupis. Leur vieux protecteur était assis en tailleur, adossé contre l'arbre. Dans l'une de ses mains gantées, il tenait son bâton, planté dans le sol. Les deux humains s'approchèrent encore. Pas une feuille ne remuait sous leurs pas. Ils étaient des professionnels, après tout. Les S.P.E.E n'engageaient que des experts. Chacun possédait, à sa ceinture, un pistolet muni d'un silencieux. Ils ne faisaient aucun bruit, et les échidnés semblaient dormir profondément. C'était peut-être leur dernière nuit… Les deux hommes s'approchèrent suffisamment près pour pouvoir tirer, sortirent leurs pistolets et visèrent avec soin… Le vieil échidné bougea imperceptiblement. Son pelage fauve, discret, et l'épaisseur de l'obscurité le rendaient presque invisible. Il ne dormait pas. Entrouverts, ses yeux gris sombre parcouraient lentement le paysage nocturne. Bien que cela ne se voie pas dans la nuit, ses muscles n'étaient pas aussi détendus qu'on aurait pu le croire… Sans bruit, il sortit son bâton du sol. Un bref instant, quelque chose de métallique étincela dans les ténèbres. Ce n'était pas un bâton. Les humains étaient prêts à tirer. Ils allaient commencer par tuer ceux qui se trouvaient aux extrémités du groupe, pour interdire aux autres toute chance de fuite. Ils eurent tout juste le temps de voir la mort arriver sur eux. Avec une rapidité et une souplesse effrayante, le vieil échidné bondit, tenant d'une main son bâton. Ou plutôt son arme. Car la partie auparavant cachée dans le sol se terminait par une courte lame, recourbée et tranchante. Cette lame trancha net la gorge du premier humain. Le deuxième mourut également, les vertèbres du cou brisées par l'autre extrémité du bâton. Un seul geste court, précis, tranchant et deux hommes étaient morts. Mais les petits échidnés étaient bien vivants, et en sécurité… Le vieil échidné enterra les deux humains, silencieusement pour ne pas réveiller les enfants, et tassa la terre retournée. Avec une feuille, il essuya le sang sur son arme, retourna s'asseoir contre son arbre, planta son bâton dans le sol et reprit sa garde, les yeux mi-clos. Autour de l'arbre, il y avait de nombreux carrés de terre retournée, et de nombreuses feuilles étaient froissées et rouges.
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