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Sonic Forces : Test

Publié par Izaky le 6 novembre

Sonic Forces, annoncé pour le 7 novembre sur Switch/One/PS4/PC a connu quelques débuts de vente compliqués : les revendeurs n’ont pas tenu la date. Ainsi, ce jeu si attendu, je l’ai là dans mes mains. Hier, nous étions le 4 novembre et je le recevais dans ma boite aux lettres. Aujourd’hui, je l’ai fini. Et y’a de quoi dire.
Par ailleurs, aucun spoilers ici, en-dehors de la partie scénario qui en contiendra des petits (et qui seront indiqués). Evitez de la lire si vous ne voulez rien savoir, c’est dangereux par là-bas.


Graphismes et mise en scène

On commence par un point vraiment positif : l’aspect visuel du jeu. La direction artistique est d’une propreté absolue et propose des environnements visuellement bien plus fournis que les lieux lisses d’un Sonic Lost World. C’est un peu le mix parfait entre Generations et Lost World, un mix qui fonctionne bien et qui offre une myriade de détails à une vitesse détonante.
Car oui, le jeu est rapide. Tout comme ses prédécesseurs, Sonic Forces sert à la formule du boost un moteur maitrisé qui permet d’afficher énormément de choses avec une rapidité phénoménale… Mais en mieux. Car oui, chers amis, bienvenue dans le boost sur console à 60fps (du moins sur PS4 et One). Le jeu est fluide et le framerate stable avec de très rares ralentissements qui n’impactent pas l’expérience de jeu. Les quelques rares ralentissement sont généralement légers et ont lieu lors de séquences particulièrement chargées en animation, séquences où le joueur n’a généralement pas le contrôle du jeu. Je pense que l’on peut dire sans inquiétudes que Sonic Forces est un petit bijou technique sur sa version PS4.

Côté mise en scène des niveaux, les environnements sont vraiment organiques et bien pensés la plupart du temps. On avance dans les niveaux sans forcément se demander comment tel ou tel endroit aurait pu être conçu comme ça (si l’on omet les loopings bien sûr), c’est cohérent et intelligent. J’ai d’ailleurs un petit faible pour la grande ville du jeu dont je tairai le nom pour éviter tout spoilers.
Néanmoins, je dis bien « la plupart du temps » car on est souvent confrontés à des séries de blocks dans les airs qui n’ont aucun sens, en particulier dans les niveaux bonus ou même le DLC Shadow. Ce n’est pas très joli à voir mais comme ça reste du « bonus », c’est tout à fait pardonnable.

Maintenant, toujours dans la mise en scène, passons du côté des cinématiques : si le jeu nous offre des animations plus vivantes et dynamiques que ses grands frère (Colors ou Generations par exemple), celles-ci ne sont pas toujours de qualité et manquent parfois de vie. Ceci sans compter le temps de cinématiques qui s’élève à environ 25 minutes, autant dire que le petit budget alloué au jeu se ressent comparé à la concurrence en matière de jeux de plateforme 3D (Ratchet 2016 ou Mario Odyssey). Les efforts sont là en vue de dynamiser le tout mais dans le même temps tout est trop expédié. Quand on regarde une cinématique de ce jeu, on a la sensation que vitesse et précipitation ont été confondus.

Scénario et écriture

[Minor Spoilers Alert] Ah, par où commencer ? Ce scénario était tant attendu. On nous a promis une histoire sérieuse, la première depuis Sonic And The Black Knight sorti en 2009. Autant dire que le jeu était attendu au tournant juste pour ça tant une partie des fans trouvaient que ce sérieux manquait. Du coup, qu’en est-il ? Eh bien je dirais que le jeu aborde des sujets parfois particulièrement sérieux mais ne sait ironiquement pas les aborder avec sérieux.
Je vous propose une explication par l’exemple : la torture de Sonic. Il nous est décrit durant l’aventure que Sonic se fait torturer 6 mois durant par Eggman, la résistance le croyant ainsi mort. Il est question d’une personne seule, dans l’incapacité de se défendre et considérée comme morte. Personne n’est au courant de sa situation, si l’on y réfléchit un peu c’est quelque chose qui, même dans un jeu visant un public jeune, devrait au minimum marquer le personnage sans avoir besoin de carrément le traumatiser comme le ferait une production plus adulte. Malheureusement, Sonic n’en a rien à faire. A l’issu des 6 mois, on le retrouve amusé, il ricane comme à son habitude et se contente de faire une blague (à votre goût ou non) à Zavok lorsqu’il le libère. La thématique de la torture, thématique grave, est prise ici à la rigolade. Et ça ne marche pas.
C’est d’ailleurs le même problème avec la thématique du jeu entier qui nous parle de batailles, de guerre, de résistance, de survivants. Le contexte qui nous décrit n’est pas celui qui nous est dépeint : les membres de la résistance n’ont pas l’air changés, pas marqués. Il n’y a aucune gravité si ce n’est une scène où ils se souviennent que Sonic est « mort » (selon les infos qu’ils possèdent à ce moment-là). Dans cette seule scène, on sent que tout le monde est affecté. Seulement, seul Sonic a droit à ce traitement de faveur.

Sonic est le principal défaut de l’histoire : le monde tourne autour de lui, il le sait et joue avec. Ainsi, cela ne marche pas, entre son je-m-en-foutisme absolu et ses blagues continuelles. L’atmosphère est trop légère pour le contexte qui nous est offert et une cassure net se ressent entre les deux. C’est vraiment dommage car tout le potentiel était là.
Bien entendu, tout n’est pas à jeter ! Eggman est d’ailleurs excellent dans son rôle de méchant à la tête du monde. Il se régale et nous offre quelques retournements de génie, il nous le devait bien. De plus, même si ce n’est pas forcément au goût de tous, le traitement de Tails est intéressant sur certains points et sa relation avec Classic Sonic le développe assez intelligemment vis-à-vis de son point de départ dans ce jeu (et pas par rapport à certains précédents jeux). Tails est d’ailleurs ironiquement le seul personnage avec un semblant de développement : entre le début et la fin du jeu, il est le seul à avoir relativement changé et grandit.

En somme, le jeu est plus un enchainement de péripéties qu’une histoire qui raconte véritablement quelque chose. Néanmoins, il reste le premier jeu qui essaye vraiment en l’espace de 8 ans et il fait certaines choses vraiment bien. Je pense donc que non, tout n’est pas à jeter mais qu’il ne faut pas pardonner certains défauts : il est temps d’engager un scénariste compétent et surtout de lui offrir quelques libertés, en particulier avec le personnage de Sonic qui est tout de même le héros.

OST et doublage

Côté musiques, c’est une OST de qualité qui nous est à nouveau livrée par Tomoya Ohtani, malgré quelques manques d’inspiration pour les thèmes des niveaux de Classic Sonic. Il n’offre pas une qualité de composition que nous offrirait un Tee Lopes de ce côté-là mais le reste des musiques est d’une qualité indéniable tout en étant un excellent appui à l’ambiance du jeu. Les niveaux de Sonic et de l’avatar gagnent un sacré rythme et les menus du jeu appuient parfaitement la situation. J’ajouterais même un petit plus au thème orchestral, donnant quelques vibes bien méritée de Sonic Unleashed.

Gameplay et game design

Il est difficile de juger Sonic Forces sur son gameplay. Après tout, la promesse d’un jeu poli, propre et jouable est tenue. Malheureusement, le level design est pauvre et si quelques variantes de chemins sont disponibles, on reste au niveau, au mieux, d’un Sonic Generations. On passe pas mal de temps à foncer tout droit, bien qu’il y ait quelques phases de plateforme sympathique et demandant un certain niveau d’exécution. Néanmoins, cela reste trop simple et trop peu de fierté se dégage de la complétion d’un niveau.
Par ailleurs, deux petits détails : lorsque vous échouez avant le premier checkpoint d’un niveau, le timer continue, quand bien même vous êtes en train de recommencer le niveau du début. Il faut impérativement ouvrir le menu pause et sélectionner « Recommencer » pour reset le timer ce qui est particulièrement ennuyeux à la longue si vous essayez d’établir un record.
Second détail : un mode normal et mode difficile sont disponible. Le premier permet de ne posséder que 100 anneaux mais vous n’en perdrez que 20 à chaque coup et le second est le mode à l’ancienne avec vos anneaux qui tombent à zéro et partent rebondir sur le sol. Ces deux modes de « difficulté » ne sont finalement que les fonctionnements globaux de certains jeux de la licence jusqu’ici, à vous de voir.

Le gameplay boost est ici le meilleur qu’a proposé la série et les mouvements de Modern Sonic sont bien plus fluides et contrôlables qu’autrement. On peut aisément déplacer le personnage durant un boost aérien ou même lors de simple séquences de saut (bien qu’il soit assez peu précis en matière de 2D) et c’est avec plaisir qu’on le dirige pad en main.
Pourtant, le boost reste le boost, avec ses limites. Limites qui sont d’ailleurs revues à la baisse en empêchant bien trop souvent le joueur d’accéder à celui-ci. Si autrefois Sonic Generations nous permettait de maintenir l’aura bleue, et donc, l’appui de notre pouce sur le pad durant de nombreuses phases scriptées, c’est désormais presque toujours impossible. Ainsi, il nous arrive régulièrement de nous contenter de regarder Sonic courir tout seul sans pouvoir interagir. Le boost qui faisait autrefois office de lien est désormais interdit et l’on devient purement spectateur.
Même constat pour le double boost d’ailleurs, cette fameuse feature du tag team (sur lequel nous reviendrons tout à l’heure). On martèle la touche de boost puis l’on regarde les deux personnages foncer à travers un couloir. Aucune touche n’est à presser et… oui, on peut se déplacer de gauche à droite avec le stick mais ça ne changera rien à ce qui se passe à l’écran : le boost détruit absolument tout dans le couloir. Du coup, à quoi sert-on ?

Côté Classic, l’ombre de Sonic Mania est là et les sensations de celui-ci sont toujours dans nos doigts, difficile de retrouver les mêmes dans Sonic Forces. Néanmoins, je tiens à souligner que le gameplay Classic dans Sonic Forces est bien plus réussi que celui de Sonic Generations : il est plus précis, plus efficace et le spindash ne peut plus s’utiliser d’une simple pression de bouton, rendant de nouveau sa difficulté d’exécution à ce mouvement. La physique est meilleure, tout comme les courbes de saut et de rebond.
Malgré tout, il reste que la première sensation reste celle de la lourdeur : Classic Sonic fait lourd comparé aux sensations qu’il offre dans Sonic Mania et c’est parfois assez gênant mais le tout reste parfaitement jouable, parfois avec un certain plaisir.

Maintenant, concernant l’avatar… On sent le manque de maitrise de la Sonic Team sur ce gameplay qu’ils n’ont jamais abordé. L’utilisation de certaines armes est vraiment brouillon, la plupart d’entre elles stoppant net le personnage à l’enclenchement. Il est difficile de garder un rythme fluide au sein des niveaux et l’on préfèrera souvent le lance-flamme aux autres armes qui est le seul wispon à ne pas affecter la vélocité du personnage.
Les déplacements eux sont un peu étrange, notamment à l’accélération. On prend soudain une grosse vitesse au bout d’une petite seconde course, ce qui n’est pas toujours très pratique. Le personnage reste agréable à prendre en main à côté de ça et sa personnalisation est un plus non négligeable. D’ailleurs, je me permets de vous faire profiter de mes goûts très particuliers :

Pour finir, le tag team : contrairement à Sonic Heroes, on ne change pas de personnage par une pression de touche mais on contrôle les deux en même temps et le switch est automatique selon la capacité utilisée. Le fonctionnement est fluide mais le level design ne nous laisse pas le choix de décider : ici c’est lui qu’il faut utiliser et pas l’autre.

Globalement, on manque de choix et les niveaux assez simples sont bien trop courts. Je vous assure pourtant quelques très bonnes sensations de course et de puissance mais rarement la satisfaction d’avoir fini un niveau tant ceux-ci sont simple. Et cela, que vous soyez en mode normal ou difficile.

Conclusion

Sonic Forces est un jeu très, très difficile à juger. Il nous surprend autant qu’il arrive à nous décevoir et manque d’équilibre mais d’un autre côté il nous offre cette expérience que l’on a plus eu durant tant d’années. Il fait parfois mieux que ses prédécesseurs, parfois moins bien. Mais on l’aime quand même car il a ce petit quelque chose, ce petit souffle que l’on aime.
Sonic Forces mérite que l’on se souvienne de lui… Et peut-être sera-t-il la transition vers quelque chose de nouveau que Sonic Unleashed fut autrefois.




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