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Paru le samedi 8 décembre 2018

Test de Sonic Generations

Le 4 novembre 2011 sort un nouveau jeu assez particulier pour la communauté Sonic. Pour la première fois en haute définition, le Sonic Classique des années 90 revient aux côtés du Sonic Moderne, et certains des niveaux les plus emblématiques de l’époque sont remastérisés pour l’occasion. Le but de l’événement : fêter en grande pompe les 20 ans de la mascotte de Sega.

Présentation

Aussi bien dans le jeu que dans la réalité, Sonic fête son anniversaire. Toute sa bande de potes l’attend pour lui faire la surprise, mais la fête est gâchée par l’arrivée d’une ombre monstrueuse qui aspire tout le monde dans une faille temporelle. Sonic part sauver ses amis mais se rend vite compte qu’il n’est pas seul… Son double du passé est avec lui ! Ensemble et grâce à leur vitesse, ils sont les seuls capables de restaurer le Temps et de sauver leurs amis.

Ainsi, les deux Sonics sont les seuls personnages jouables du soft : d’un côté Sonic Classique, le personnage de la Mega Drive, muet, mignon et jouable en 2D, comme à l’époque, à travers une mise en scène posée. De l’autre, Sonic Moderne, celui que l’on suit depuis plus de dix ans, arrogant et sûr de lui, offrant un gameplay 3D plus nerveux et spectaculaire. Ces deux approches différentes recentrent efficacement le panel de gameplays différents que la saga a connu au fil des années.

Histoire

Commençons par parler du scénario, puisque c’est la partie la moins importante du jeu. Et autant le dire tout de suite, on ne touche pas un point positif, surtout pour un fan. Les deux Sonics revisitent les niveaux parcourus dans les plus célèbres jeux de la franchise, pour leur « redonner couleur et vie » et ainsi réparer les dégâts causés par le monstre, appelé Time Eater (Dévoreur du Temps). C’est certes un bon prétexte à revisiter les niveaux des anciens jeux, mais peut-être aurait-on pu se passer des scènes de dialogues. A l’image de la scène d’introduction, l’histoire et la mise en scène n’ont rien d’emblématique. Aucune iconisation, aucun moment de bravoure, aucune action, on voit là l’antithèse de la scène d’ouverture de Sonic Unleashed. Il faudra attendre le Boss final pour voir Sonic poser en héros.

Les dialogues sont niais au possible et n’apportent rien à l’histoire, on ne s’attache pas aux personnages. Le seul qui nous apparaît plus sympathique est Sonic Classique. Et devinez quoi ? Il est muet. Choix étrange d’ailleurs, puisqu’il est le seul (il avait bel et bien une voix dans certains jeux Classiques, par exemple Sonic CD). L’absence de dialogues ne nous aurait pas gêné mais, point positif malgré tout, on ne nous sert pas les blagues affligeantes de Sonic Colours. On tiquera davantage sur le fait que seuls Sonic et Tails aient leur forme Classique, alors que Knuckles, Amy et les Chaotix sont aussi présents en tant que Personnages Non-Jouables. Egalement, Sonic et Tails ne sont que « familiers » avec des niveaux comme Green Hill ou Chemical Plant, c’est assez perturbant vu le nombre de fois où ils y sont allés par le passé. En revanche, Knuckles se souvient bien de Sky Sanctuary. Ouf !

J’ai rarement vu une fête d’anniversaire aussi ennuyeuse. Sonic est pourtant plus nerveux que ça.

On restera aussi amer sur le choix des niveaux retenus pour représenter toute la saga : Green Hill, Chemical Plant et City Escape semblent surtout être des citations obligées, alors que Crisis City n’est pas le niveau le plus pertinent pour se remémorer Sonic 2006 (oui, ils veulent qu’on se souvienne de ce jeu, même Blaze s’en souvient). Les thèmes des autres niveaux sont répétitifs : quatre niveaux urbains ! Où sont les sommets enneigés d’Ice Cap ? Les sables mouvants de Sand Ocean ? La moiteur sauvage de Meta Junglira ? Oui car ce qui gêne aussi, c’est que les jeux portables (aussi bien Classiques que Modernes) ne sont absolument pas représentés (uniquement Sonic Rush sur la version 3DS du jeu). On aurait espéré plus d’environnements, et plus que neuf niveaux pour représenter 20 ans de jeux.

Graphismes

Rassurez-vous, on commence à aborder les points positifs du jeu ! En ce qui concerne les graphismes, Sonic Generations fait honneur à la saga : on en a plein les mirettes. On en a même un peu trop. Les couleurs de certains niveaux sont parfois tellement flashy, et les décors sont tellement riches, qu’il nous arrive de perdre Sonic dans l’image. Cela dit, on s’y habitue vite. Sauf à la verdure qui se reflète sur les visages dans la cinématique d’intro. Là, faut pas pousser.

Rapidement après s’être habitués à la colorimétrie, on peut apprécier les décors. Ils ont été conçus du feu des dieux. Riches et colorés, on le disait. Ils sont simplement fantastiques. C’est un plaisir de parcourir Green Hill Zone en HD. Les plus anciens niveaux sont complètement réadaptés en 2.5D et c’est une redécouverte totale. Ils ont réussi à rendre les niveaux réalistes, tout en gardant leur identité intacte. C’est riche en détail, vivant, on s’y plaît, quoi. Sky Sanctuary est à ce titre un véritable paradis. Les deux Sonics sont plus rapides que jamais, les voir détruire les robots en devient jouissif. Sur console de salon, le jeu va parfois tellement vite que quelques (rares) ralentissements se font sentir.

Green Hill Zone nouvelle génération

Les niveaux ne sont pas les seuls à qui la refonte graphique profite. Le look des badniks en HD est excellent, bien plus amusant que le relooking qu’ils avaient eu pour Sonic 4. Ils semblaient mécaniques et froids, ici ils sont plus cartoonesques, ce qui correspond davantage à l’esprit de l’ère Classique. Mention spéciale à certains robots qui éclatent de rire s’ils nous touchent !

Jeu anniversaire oblige, le fan-service est à l’honneur. On ne le remarque pas dès le début du jeu, mais le jeu fourmille de détails que les fans sauront reconnaitre ! Ça va d’une réplique mentionnant des jeux passés, aux caméos faisant référence à des niveaux qui ne sont pas dans le jeu. Mention spéciale aux affiches de recherche sur Fang, Bean, Bark, Ray et Mighty dans City Escape !

Flying Battery (1994) au milieu de Rooftop Run (2008) !

Sonic Generations est organisé de façon précise : le jeu est divisé en trois parties, une pour chaque ère : Classique, Adventure, Moderne. Chaque ère est composée de trois niveaux et un Boss, et chaque niveau possède deux actes, un Classique, un Moderne. Chaque acte compte cinq Défis. Un Défi par niveau doit être complété pour obtenir une clé permettant de déverrouiller le Boss. En plus du Boss, chaque ère comporte aussi un Rival à vaincre (introduit de façon iconique, cette fois-ci). Les Boss et Rivaux permettent de gagner une Emeraude du Chaos.

Game Design

On l’a dit, les niveaux représentent chacun les ères Classique, Adventure et Moderne. Mais il n’y a que deux Sonics. Autrement dit, il n’y a pas de gameplay Adventure, celui où la maniabilité de Sonic tentait de se rapprocher des jeux Classiques contrairement à celle des jeux Boost. Malheureusement, le gameplay Classique de Sonic Generations manque un peu de précision. Sonic y est plus rapide et peut-être un peu plus léger. Le joystick directionnel est assez sensible, ce qui nous fait parfois partir un brin plus loin qu’on ne le voudrait. On apprend vite à calibrer les mouvements du Hérisson pour avoir exactement le résultat que l’on veut, mais il n’en reste pas moins qu’on ne retrouve pas tout à fait les sensations qu’on avait sur Mega Drive.

Les plateformes et loopings ont été agrandis pour compenser la vitesse de Sonic

L’inertie est surtout imprécise dans les niveaux Modernes. Sonic patine et n’est pas facilement maniable (que ce soit avec ou sans Boost), si bien qu’on voit arriver certains pièges sans réussir à les éviter. Ici aussi, les déplacements sont trop brusque et on va souvent plus loin que ce qu’on voulait. On n’est donc, encore une fois, pas complètement maître ses mouvements. Ça la fout mal pour un personnage épris de liberté. Quant aux phases de plateformes en 3D, surtout au-dessus du vide, redoublez de prudence.

L’imprécision se ressent aussi quand on fait un Homing Attack sur un ennemi : c’est rare, mais on peut se blesser dessus et perdre ses anneaux plutôt que le détruire, malgré le verrouillage automatique présent depuis 2007. Contrairement au gameplay Classique, les sauts du Sonic Moderne sont un peu raides, et nécessiteront un (petit) temps d’adaptation. Le jeu peut sembler punitif, mais avec le temps, on apprend à maîtriser la maniabilité du titre et à ne plus commettre les erreurs de début de parcours.

Blessera, blessera pas ?

Level Design

Le menu de sélection des niveaux est assez intéressant. C’est un niveau en 2D épuré en ligne droite, où sont alignés les portails de niveaux et de Boss. Les Défis et Rivaux sont situés juste au-dessus, accessibles par de petites phases de plateformes. Tout à gauche se trouve la salle des récompenses, où sont collectés les bonus du jeu, et la boutique de compétences dirigée par le célèbre Omochao.

Le level design des niveaux est de plus en plus inspiré au fil du jeu, surtout en termes de plateforme 2D. Green Hill peut sembler un peu basique, mais ne vous y trompez pas : les niveaux avancés contiennent plus de phases de plateformes et beaucoup de passages secondaires secrets. Les niveaux demandent l’usage des compétences et gimmicks que les jeux correspondants ont inventées : Speed Highway nous fait utiliser le Light Dash, Seaside Hill permet l’emploi de canons pour se déplacer, Planet Wisp nous offre l’occasion d’utiliser les Wisps et leurs Pouvoirs Couleurs. Pour varier les plaisirs, certains passages secrets d’autres niveaux demandent aussi d’utiliser ces compétences, nous permettant de choisir les chemins qu’on veut prendre. Ce n’est pas aussi développé que Sonic 3 & Knuckles, pour citer l’un des meilleurs, mais ça a le mérite d’être là et de peaufiner le travail débuté par Sonic Unleashed et Sonic Colors.

Le piétinement nous est présenté à partir de Crisis City (mais on peut l’utiliser avant)

On remarque aussi avec plaisir que le level design reproduit parfois fidèlement des passages des niveaux d’origine (la pyramide d’anneaux flottants après un tunnel dans Green Hill, le looping final de Speed Highway…), ou alors reprend d’autre parties de niveaux qui ne sont pas représentées dans le jeu : les phases de tunnel sous-marins d’Hydrocity dans Seaside Hill Classique, par exemple.

Pour ce qui est des niveaux Modernes, qui en soi sont très similaires à ce qu’on connait depuis Sonic Unleashed, certaines questions doivent être posées. Elles sont composées de phases de plateformes 2D, assez ressemblantes au gameplay Classique il faut le dire, et de longs couloirs faits pour profiter du fameux Boost, une technique déconseillée dans les phases de plateformes, ou si vous cherchez les bonus cachés dans les recoins (et croyez-le bien, il y en a). C’est bien de rentabiliser cette technique, mais c’est à se demander si Sonic n’est pas pris pour un simple bolide de course. On se contente d’appuyer sur un bouton en continu. Le Boost est-il donc vraiment pertinent ? D’autres jeux par le passé n’utilisaient-ils pas mieux la vitesse de Sonic ?

Ces roues sont bien plus faciles à éviter que dans Sonic Heroes

Les Bosses et les Rivaux sont aussi riches en clin d’œil et en références aux jeux dont ils sont issus, tout en renouvelant la façon dont ils doivent être vaincus. Le seul bémol ici, est que le Boss final apparaît trop simpliste, et la mise en scène ne laisse aucune place à la tension qui nous avait marquée quand on arrivait à la dernière ligne droite de Sonic 3 & Knuckles ou Sonic Adventure. On retombe dans la même monotonie que nous avait montré la première cinématique du jeu. Mais quand on l’a vaincu, on peut incarner Super Sonic dans les niveaux, aussi bien en Classique qu’en Moderne ! Excellent point !

Par la force des choses, Shadow aussi a gagné le boost

Bande son

On touche là le meilleur point du jeu. On apprécie les bruitages d’époques sur les niveaux Classiques, aussi bien pour le saut, le Spin Dash ou la musique d’objet d’accélération, qui est celle de Sonic Adventure. Les musiques (hors cinématiques) sont toutes entraînantes, et finissent de donner vie aux environnements. Les remixes créés pour l’un et l’autre Sonic offrent des relectures intéressantes des thèmes cultes, et touchent parfois la perfection (Sky Sanctuary Moderne, ou City Escape Classique, par exemple). En revanche, les musiques des menus sont pénibles, à cause de leurs violons criards et autres flûtes stridentes. On regrette aussi l’absence d’un thème principal, comme Open Your Heart ou Endless Possibilities.

Un paradis avec une musique excellente

Sonic Generations est le premier jeu Sonic à être doublé en français. La VF réutilise toutes les voix de Sonic X. On est agréablement surpris de voir que la voix d’Hervé Grull (il jouait Chris Thorndyke) va bien à Silver, pour le peu qu’on l’entende. Alexandre Gillet fait une voix de Sonic plus aiguë que dans la série, ce qui la rend agaçante à entendre. Le jeu sera donc plus agréable à écouter en anglais ou en japonais selon les goûts (la prestation de Mike Pollock en Eggman est toujours aussi délicieuse).

Durée de vie

Si traverser les neuf niveaux du jeu pour atteindre le boss final peut se faire en sept heures seulement, Sonic Generations se rattrape haut la main avec les traditionnels Rangs S à atteindre et les Niveaux de Défis à remplir. Il en existe dix par niveau (5 en Classique, 5 en Moderne), et proposent des variétés de gameplay bienvenues. Certains permettent de gagner des compétences, que l’on pourra ensuite acheter dans la boutique pour profiter de nouvelles techniques et traverser les niveaux différemment, avec des points distribués selon notre score. D’autres nous feront agir en équipe avec tous les PNJ (les invités à la fête de Sonic, quoi), ou nous ferons faire la course contre eux. Tout ça dans des niveaux réinventés pour l’occasion !

Sonic fait équipe avec Amy pour atteindre des hauteurs encore plus grandes

Un petit mot sur le DLC, qui nous gratifie de la présence du niveau Casino Night Zone, sous forme de flipper, avec une musique revisitée des plus agréable. Ça nous rajoute un mini-jeu de Casino, on ne va pas s’en plaindre, même si un niveau complet aurait été tout aussi bien. Le but est de collectionner toutes les médailles dispersées sur le flipper pour atteindre le Jackpot, une machine à sous permettant d’élever les scores.

Les autres fonctions en ligne sont un mode permettant de battre les records de joueurs venant du monde entier, et une épreuve consistant à aller le plus loin possible en 30 secondes. Sympathique, sans plus.

Casino Night Zone remasterisée !

Les bonus sont bien évidemment de la partie. On peut récupérer les plus classiques en complétant l’histoire : toutes les cinématiques à revoir, ainsi qu’une fiche pour chaque personnage présent dans le jeu, avec un modèle 3D à inspecter sous tous les angles à volonté. D’autres cadeaux nous sont offerts en gagnant chaque niveau de défi, mais aussi en collectant les fameuses étoiles rouges présentes à travers les niveaux principaux (ajoutant ainsi un peu plus de durée de vie). Ils sont collectés dans la salle des récompenses.

Ces extras font particulièrement plaisir. On peut y trouver toute une série de concept-arts nous révélant comment ont été pensés les niveaux de Sonic Generations, mais aussi certains venant d’anciens jeux. Et surtout, les musiques des niveaux les plus marquants de toute la saga : Marble Zone, Green Forest, His World, et j’en passe, tellement il y en a (et là au moins, certains jeux portables sont cités). C’est une compensation agréable à l’absence de ces niveaux dans le soft, et ça permet de varier les plaisirs en jeu puisqu’on peut choisir de les jouer à la place de la musique de base de chaque niveau. Et le meilleur d’entre eux, c’est bien sûr la possibilité de jouer à Sonic the Hedgehog sur Mega Drive si on trouve la compétence adéquate !

C’est ce qu’on appelle la cerise sur le gâteau

Conclusion

Sonic Generations a peut-être des défauts, mais on ne peut nier que c’est un bon jeu. La maniabilité n’est pas parfaite, certes, et on préfèrera oublier son histoire au ras des pâquerettes. Mais le soft dépeint un univers foisonnant qu’on prend beaucoup de plaisir à (re)découvrir, et plus on y joue, plus on gagne en performance et en satisfaction.

Il offre du très lourd en termes de fan-service, mêmes des clins d’œil qu’on ne s’attendait pas à trouver ! Une fois accommodé à l’explosion de couleur, on découvre des niveaux colorés, vivants, qui font honneur aux jeux dont ils sont issus. Il ne s’agit pas d’un jeu parfait, mais c’est bien le meilleur depuis plusieurs années !

Certaines références sont jouissives !

En leur temps, Sonic 3 & Knuckles, Sonic Adventure ou encore Sonic Unleashed ont eu assez de succès pour définir la direction que prendrait la saga pour les années à venir. Sonic a encore franchi une étape avec le retour du gameplay Sonic Classique, qui continue de faire recette aujourd’hui !

La version PC du jeu bénéficie de mods tous plus étonnants les uns que les autres, et permet la recréation d’une palette de niveaux beaucoup plus diversifiée, au bon vouloir des fans. Et vous, à quels niveaux auriez-vous pensé pour marquer les 20 ans du Hérisson bleu ? Dites-nous tout dans les commentaires !

Par Di-Luëzzia le 8 décembre 2018

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